Partager l'article ! Plus de pédagogie sur l'économie pour sortir de la crise: Depuis deux ans le mot crise nous revient quotidiennement dans les o ...
Depuis deux ans le mot crise nous revient quotidiennement dans les oreilles. Si bien qu'on a du mal à vraiment comprendre le fil rouge des événements advenus depuis la
faillite de la banque d'affaires américaine Lehman Brothers. Pire encore les enjeux de la reprise économique, les différents moyens d'y arriver sont mal compris. Le manque de pédagogie sur
l'économie nous fait entrevoir qu'une seule solution : la réduction de la dette, l'austérité. Pas de débat possible ?
L'économie serait une science exacte et des experts au plus haut des États européens feraient nécessairement les bons choix? Non cela serait trop beau malheureusement car l'économie est hautement politique !
Ces derniers temps en Europe, après des plans de relance aux sommes astronomiques, on a du mal à comprendre le passage à la psychose et à la course à l'austérité alors que l'emploi ne repart pas. Mais que se passe t-il? Y a t-il un expert dans la salle?
Austérité mais justice fiscale et sociale
Les politiques d'austérité impliquent des restrictions budgétaires douloureuses. Là dessus rien à dire. Simplement la manière dont le fardeau de cette cure doit être supportée est un problème politique pour lequel un débat est primordial. Veut-on accroître les inégalités? Qui doit supporter le plus le fardeau de la dette : les ménages, les entreprises ou les rentiers?
Là dessus l'invité du dernier grand oral est-ouest balle au centre, Pierre Defraigne, ancien haut fonctionnaire européen, économiste et directeur de la Fondation Madariaga, a réussi à mettre en perspective les enjeux de la reprise économique en Europe. Un exercice qui fait souvent défaut.
Quelles sont concrètement les problèmes qui se posent pour lui?
« Le déclin relatif de l'Europe » par rapport aux pays émergeants s'explique en premier lieu « par sa démographie vieillissante ». L'immigration pourrait être d'ailleurs une solution.
Autre problème en Europe « l'hypertrophie de la finance. » Pour Pierre Defraigne, par exemple, il faut absolument réduire la part de la finance dans l'économie. La financiarisation accrue s'est faite depuis trente ans au détriment de l'utilité sociale. Le début de régulation financière impulsée par la Commission européenne et le Parlement européen n'est pas encore suffisant et ne résout pas le problème des paradis fiscaux en Europe.
L'Europe doit absolument en finir avec la concurrence fiscal. Le fait que les capitaux soient transférés au sein de l'Union européenne vers les plus généreux fiscalement favorise les multinationales et les grandes entreprises ancrées dans plusieurs pays en même temps. Pourquoi « les grandes entreprises armés de juristes et d'avocats fiscalistes maximisent leur réduction d'impôt au détriment des PME (petites et moyennes entreprises) » s'est ainsi interrogé Pierre Defraigne. Pour les PME il s'agit d'une vraie injustice alors qu'elles créent le plus d'emploi. Elles sont en effet ancrées au niveau national et participent davantage à la solidarité. L'exode fiscal favorisée ainsi est un manque à gagner qui rend difficile le financement de la solidarité. « L'Europe sociale passe par une Europe fiscale. Il faut avant tout corriger cette injustice. »
Un modèle social européen à réinventer
Malheureusement la concurrence internationale et le poids de la dette imposent de revoir le modèle européen pour le président de la Fondation Madariaga . « L'Europe ne fixe plus les prix elle a perdu sa rente ». A long terme l'investissement dans les facteurs qui relanceront l'économie et les emplois sont primordiaux : recherche, éducation, énergie verte. A court terme la réduction des déficits est une question politique sur la manière de répartir le fardeau. Ceci dit une trop forte austérité pourrait être un danger pour cet investissement de long terme mais également pour le modèle social européen. Il y a donc des bons et des mauvais déficits et les États devraient faire attention à ne pas trop poursuivre le démantèlement du modèle social. Même s'il est vrai que la compétition et les prix du travail sont fixés par les pays les plus compétitifs, Pierre Defraigne considère ainsi que le modèle social européen ne doit pas être démantelé mais réinventé. Cela passerait ainsi par une protection du modèle pour les plus démunis qui induirait une plus grande contribution des plus aisés.
Pour sortir de la crise toutes les solutions doivent être posées sur la table. Bien sûr tout le monde ne maîtrise pasles tenants et les aboutissants des mécanismes économiques européens. Simplement les opinions d'illustres experts, comme l'ancien haut fonctionnaire européen Pierre Defraigne, le prix Nobel d'économie 2001 Joseph Stiglitz ou encore le manifeste des économistes atterrés, doivent davantage être prises en compte. Les citoyens européens méritent un véritable débat sur la question.
Arezki Yaïche
Article à retrouver à la rubrique oreille critique de l'émission radio Est-Ouest Balle au centre sur le site de génération 112
Pour plus d'information sur la crise économique européenne :
Le manifeste des économistes atterrés :
http://economistes-atterres.blogspot.com/2010/09/manifeste-des-economistes-atterres.html
Le site de la Fondation Madariaga : http://www.madariaga.org/
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article bien rédigé qui me permet d'y voir plus clair. beau boulot !
bonne continuation